Le B-A-BA du BHL, avec Jade Lingaard, 2004.

"Le monde ne nous envie pas Bernard-Henri Lévy. Lorsque Perry Anderson, historien britannique et directeur de la New Left Review, livre en septembre 2004 un état des lieux de la vie intellectuelle française, c’est le « cas » Bernard-Henri Lévy qui l’intrigue le plus : « Alors que des travaux individuels d’une valeur remarquable continuent d’être produits, l’état général de la vie intellectuelle française se mesure à l’étrange prédominance de Bernard-Henri Lévy, de loin le plus célèbre “penseur” de moins de soixante ans dans ce pays. Difficile d’imaginer un renversement plus spectaculaire des critères nationaux du goût et de l’intelligence que l’attention accordée à ce grand nigaud [crass booby] dans l’espace public français en dépit des innombrables manifestations de son incapacité à comprendre quoi que ce soit à un fait ou à une idée. Un phénomène aussi ridicule pourrait-il prospérer dans toute autre grande nation occidentale aujourd’hui 1 a ? », extrait de l’introduction.

Le sport par les gestes, avec François Bégaudeau, 2006.

Vaste champ qu'est le sport, plaine immense et peuplée mais aussi réductible à une somme de gestes. prendre le sport par les gestes, qu'ils soient dérisoires ou décisifs, c'est zoomer sur l'unité de base qu'il partage avec le quotidien et qui en fait de la vie continuée par d'autres moyens, néanmoins, le sport prolonge de manière spécifique l'immense affaire d'avoir un corps. On ne court pas sur une piste comme derrière un bus. On ne lance pas un javelot comme un galet. Le geste sportif est appris, éprouvé, ajusté. voici donc une petite balade subjective qui va du geste basique (courir) au geste unique (la mano de dios de Maradona) et nous fait croiser des hommes faits gestes (La Papinade)...

La controverse pied/main, Pretexte à une logique du football, 2006.

De tous les sports pratiqués à grande échelle, le football est le seul qui proscrive, pour l essentiel du jeu, la main et ses prolongements. Qu’il soit devenu ce qu’il est, et pas autre chose, est une conséquence logique de cette proscription initiale. En 1863, dans l’ambiance enfumée et virile de la Freemason’s Tavern de Londres, pressentant sans doute que l homme était questionné par le darwinisme naissant, l’industrialisation massive et les conquêtes coloniales, les représentants des meilleurs collèges anglais se mirent d accord pour pratiquer et promouvoir un jeu reposant tout entier sur la disparition de la main. L’expansion fulgurante et durable d’un sport qui oblige les joueurs à faire usage de ce qu il y a en eux de plus malhabile, ainsi que le succès d’un marché qui organise le spectacle du pied, ne sont pas des hasards de l’Histoire.